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L’illusion de la libération en Iran

L’Iran traverse aujourd'hui un tournant historique dramatique. Le pays est pris entre des mouvements révolutionnaires internes et l'escalade militaire provoquée par les attaques des États-Unis et d'Israël. Dans ce chaos, le droit international semble s'effacer, des écoles sont touchées, et des enfants innocents perdent la vie. Le prix de ce sacrifice sera lourd pour les nations qui choisissent la voie de la guerre. En réponse aux attaques sur son sol, Téhéran a répliqué en visant plusieurs bases militaires et des États alliés de Washington et Tel-Aviv. Nous faisons face à une crise extrême où les dirigeants semblent agir par impulsion, au mépris de la logique et des droits humains fondamentaux. Or, aucun État, quelles que soient ses raisons, n'a le droit de violer la souveraineté d'un autre.

Avec la mort confirmée d'Ali Khamenei début mars 2026, l'incertitude plane sur sa succession, notamment autour de la figure de son fils, Mojtaba Khamenei. Le pays est plus fracturé que jamais entre les royalistes espèrent un retour à l'héritage de la dynastie Pahlavi, La gauche iranienne et les républicains aspirent à une démocratie laïque et pour finir les défenseurs du régime s'accrochent au système islamique. L'ascension de Mojtaba Khamenei, héritier d'une fortune de 100 millions de dollars bâtie sur le pétrole et l'immobilier de luxe, marque la dérive dynastique d'un régime hypocrite. Bien qu'il n'ait aucun mandat officiel, cet homme de l'ombre s'appuie sur la violence des Gardiens de la Révolution pour réprimer un peuple qui conspue son nom depuis la mort de Mahsa Amini.

Soldat américain avec les lingots d'or de Saddam Hussein en Irak, 2003

Toutefois, restons lucides : l’histoire nous a appris que les États-Unis ne mènent pas la guerre par pur altruisme ou pour des causes féministes. Les précédents de l'Irak en 2003, de la Libye ou de la Syrie sont des miroirs de ce qui attend l'Iran si les intérêts économiques et énergétiques (pétrole, minerais) dictent l'ordre du jour. L'Iran est une puissance régionale dont les ambitions nucléaires sont, certes, une source de tension, mais la destruction totale n'est jamais la solution. Alors que la France tente de maintenir une position d'appui à ses alliés sans entrer directement en conflit. La scène internationale est bouleversée par les décisions de Donald Trump, qui semble avoir choisit de terminer la guerre entre l’ukraine et la russie en décidant de mener sa propre guerre dans le Moyen-Orient.

Les chiffres de cette première semaine de conflit témoignent d'une violence sans précédent. Les bilans provisoires recensent déjà plus de 3 100 victimes, parmi lesquelles au moins 436 civils ont tragiquement péri sous les bombes. Près de 2 000 cibles ont été frappées à travers 130 villes iraniennes. Derrière ces statistiques froides, des drames humains indélébiles s'écrivent, comme celui de l'école de Minab en Iran où 168 écolières ont perdu la vie, illustrant le naufrage d'un droit international qui ne semble plus être qu'un lointain souvenir face à la logique de destruction totale. L'Iran accuse l’armée américaine d’être à l'origine du massacre.

L'histoire se répète, et nous semblons ne pas avoir appris de nos erreurs passées. Face à cette montée de la haine, notre meilleure arme reste la culture et la compréhension. Étudier, comprendre et refuser la violence et la haine est essentiel, car cette guerre influencera durablement la trajectoire de l'Europe et l'équilibre mondial.

"Nous n’avons pas peur de mourir si cela signifie la liberté de l’Iran". Ce cri du cœur des habitants de Téhéran résume l'héroïsme d'un peuple qui, malgré les bombes, ne rêve que d'un avenir stable pour les générations futures. Dans les rassemblements à travers le monde, la diaspora iranienne exprime une position aussi complexe que courageuse. Behrooz Farahany, membre de l’association Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran, résume ce sentiment partagé : si personne ne regrette la chute du régime, l'intervention étrangère demeure inacceptable. Pour lui, le renversement du pouvoir « doit être fait par les Iraniens et personne d'autre ». Rejetant dos à dos la répression féroce de Téhéran et une guerre contraire au droit international, il mise sur une solution intérieure, tout en précisant qu'un « retour vers le royalisme n’est pas une option ».

L'histoire nous regarde. En 1979, la chute du Shah a été un tournant mondial, mais elle a aussi été le fruit de manipulations et de mauvaises lectures. À l'époque, la CIA avait installé un dirigeant perçu comme une marionnette. Aujourd'hui, le risque est le même, que des puissances étrangères tentent de "sculpter" le futur Iran pour leurs propres intérêts. Les États-Unis de Donald Trump, jouent une carte dangereuse. On ne libère pas un peuple par les bombes, on lui offre simplement un nouveau décor pour ses souffrances.

Entre les larmes de deuil et les danses persanes qui résonnent dans la diaspora, un élan de victoire et un espoir fragile de libération commencent à vibrer à travers le monde.

Écrit par Maria Hadi

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