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Actualité nationale : Sébastien Lecornu

L’orage politique : Lecornu, motions et menaces de dissolution

La chute du gouvernement Bayrou, le 8 septembre 2025, a plongé le pays dans l’incertitude. Emmanuel Macron, dans l’urgence, a nommé Sébastien Lecornu, alors ministre de la Défense, pour diriger l’exécutif. Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre le 9 septembre 2025, se retrouve à la tête d’un gouvernement fragile, secoué par des tensions parlementaires et sociales inédites. Son premier gouvernement, formé le 10 octobre 2025, a tenu seulement 14 heures avant de démissionner, un record historique de brièveté sous la Ve République. Cette situation révèle non seulement la fragilité politique de l’exécutif, mais aussi l’incapacité apparente de Lecornu à stabiliser une majorité parlementaire divisée.

Une nomination précipitée

Une majorité fragile et l’épée de Damoclès des motions de censure Le gouvernement Lecornu II, formé immédiatement après, repose sur une majorité relative extrêmement hétérogène, composée de députés du Parti socialiste (PS), des Républicains (LR), de Horizons et de divers centristes. Cette coalition fragile rend chaque décision difficile à imposer. Le 16 octobre, deux motions de censure ont été déposées contre le gouvernement : la première, portée par La France insoumise (LFI), a recueilli 271 voix, échouant de seulement 18 voix à atteindre la majorité absolue de 289. La seconde, soutenue par le Rassemblement national (RN) et l’Union des démocrates et républicains (UDR), a obtenu 144 voix.

La réforme des retraites : un décalage, pas une suspension
Pour obtenir le soutien conditionnel du Parti socialiste, Lecornu a annoncé le 14 octobre 2025 un décalage de la réforme des retraites, qui visait à repousser l’âge légal de 62 à 64 ans. Emmanuel Macron a précisé que la réforme n’était ni abrogée ni suspendue, mais simplement reportée « dans un souci d’apaisement », le Premier ministre ayant décalé l’échéance des 63 ans du 1er janvier 2027 au 1er janvier 2028, avec un financement par des économies. Le chef de l’État a insisté : « Le Premier Ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel, qui a consisté à proposer le décalage d’une échéance – ce n’est ni l’abrogation ni la suspension, c’est le décalage d’une échéance. C’est le débat parlementaire qui donnera l’issue de ce sujet. » Emmanuel Macron a également souligné, lors d’une conférence de presse à Ljubljana le 21 octobre, qu’il faudra reposer le débat « de manière apaisée » malgré ce compromis temporaire. Sébastien Lecornu avait pourtant utilisé le terme de suspension lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée le 14 octobre : « Je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle».

Cette subtilité sémantique a provoqué de vives réactions, notamment de Jean‑Luc Mélenchon, qui dénonce ce qu’il considère comme un simple « décalage » : « La réforme des retraites à 64 ans n’est ni abrogée, ni suspendue.Elle est DÉCALÉE. Il est temps dorénavant de partir de la réalité et non de la propagande des autosatisfaits pour entrer dans la lutte », a-t-il écrit sur X.

Budget 2026 : ambition chancelante et équité contestée

Le budget 2026 vise à ramener le déficit public à 4,7 % du PIB, soit environ 124,4 milliards d'euros, avec des dépenses de l'État prévues à 501 milliards d'euros, réparties entre défense, transition écologique, éducation, justice et sécurité. Les recettes fiscales devraient augmenter de 6,5 milliards d'euros grâce à une taxation accrue des hauts revenus et du patrimoine financier, tandis que la dette publique atteindrait 117,9 % du PIB avec une charge de 59,3 milliards d'euros. Le budget prévoit également des mesures pour les entreprises, comme la prolongation de la surtaxe sur les grandes sociétés, et pour les collectivités locales, avec un prélèvement de 4,6 à 8 milliards d'euros. La sécurité sociale vise à réduire son déficit à 17,5 milliards d'euros via des économies sur l’Assurance-maladie.

Le Premier ministre, malgré ses efforts, incarne la faiblesse de l’exécutif actuel : incapable d’imposer des réformes courageuses. La suspension de la réforme des retraites en est l’exemple le plus frappant : un geste politique qui apaise temporairement les tensions, mais renforce l’impression d’un gouvernement paralysé par la peur des réactions sociales et politiques.

Cette situation soulève une question fondamentale : la Ve République, avec son exécutif puissant mais dépendant d’une majorité parlementaire fragile, est-elle encore capable de gouverner efficacement ? Entre gouvernements éphémères, décisions retardées et recours quasi-systématique au compromis pour éviter la censure, La France paraît plongée dans une instabilité persistante.

Ecrit par Maria Hadi

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